• Lola Mocha

Critique de livre : Le camp de l’humiliation – KIM Yu-kyeong



En ce moment, j’ai le plaisir de découvrir des auteurs coréens comme KIM Yu-kyeong. Dans les années 2000, cette romancière nord-coréenne a fui son pays pour la Corée du Sud. En 2016, elle publie son deuxième roman Le camp de l’humiliation aux éditions Picquier. Dans sa postface, elle explique à quel point elle est reconnaissante que cet ouvrage soit traduit

« dans ce lointain pays » qu’est la France.


Résumé :


Wonho, sa mère et sa femme sont arrêtés par des soldats dans leur appartement à Pyongyang et sont emmenés dans un camp de prisonnier politique au nord du pays. Sans connaître réellement les raisons de cette arrestation, Wonho et sa famille tentent de s’adapter à cette nouvelle vie misérable.


Mon avis :


J’ai trouvé ce récit vraiment intéressant bien que je me sois arrêtée pendant la première lecture. J’avais beaucoup de difficulté à entrer dans l’histoire. Une fois, le premier chapitre de la première partie passé, je n’arrivais plus à m’arrêter de lire.


Avant d’aller plus loin, je tiens d’abord à préciser que je n’ai pas de connaissances poussées sur l’histoire de la Corée du Nord (je suis en train de m’instruire) donc, mon avis ne sera pas aussi développé que si je maîtrisais plus le sujet.


En utilisant les camps de prisonnier en toile de fond, l’auteure nous incite à nous questionner sur la dignité humaine, le pardon et bien-sûr la liberté. Au fur et à mesure que les pages se tournent, on se rend bien compte du pire dont on est capable lorsqu’on est privé de notre pensée et de notre libre arbitre. On comprend mieux comment fonctionne un régime de dictature totalitaire. Même si on est amené, en tant que lecteur, à haïr les bowiwon (personnes représentant l’autorité du régime), je n’ai quand même pu m’empêcher d’avoir de la compassion pour eux. Je m’explique. Malgré les horreurs que les bowiwon infligent aux prisonniers, il est nécessaire de se rappeler qu’ils sont eux-mêmes esclaves du pays. Finalement, même s’ils ont un meilleur confort, ils risquent les mêmes sanctions s’ils ne respectent pas les ordres. On peut totalement les comparer aux condamnés, car ces derniers perdent totalement les notions de solidarité par peur d’empirer leur situation. Ils n’hésitent pas à dénoncer leurs semblables.


Pour finir, je pense que c’est un très bon livre à lire en cette période où beaucoup de Français craignent que notre gouvernement se transforme en dictature à cause de la Covid-19 parce qu’ils se sentent contraints d’abandonner plein de plaisirs afin de lutter contre la propagation du virus. Je ne vais pas rentrer dans ce débat. Sachez qu’aujourd’hui, la Corée du Nord a prévu un camp de détention à la triste image de celui du roman pour toutes les personnes ne respectant pas les mesures de quarantaine.



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